___Je me retrouve au pied du mur ; un ami, un amour - une raison, une passion. Je dois faire mon choix. Dois-je privilégier l'amitié, la raison, et m'en tenir à l'actuelle vie que je mène, morne et insignifiante ? Dois-je suivre mon amour et ma passion, pour recommencer là où tout s'est arrêté, là où l'horloge a cessé de tourner ? La raison semble l'acte le plus censé, et pour cause, on parle de raison ! Seulement voilà, la raison n'est pas la plus attirante ; messieurs, entre une jolie femme sensuelle et une bibliothécaire sévère, qui choisiriez-vous ? La raison est incarnée par cette dernière. La raison ne m'attire pas. La raison est loin de me donner la moindre envie d'identifier son cas, de la découvrir. La passion, quant à elle, a des allures sensuelles et suaves ; la passion, aidée de son odeur alléchante, accompagnée de sa voix charmeuse, et suivie de ses paroles réconfortantes, passe son temps à me tourmenter, et cherche à m'attirer dans ses filets. Et quels filets ! Les tiens ; ceux dans lesquels je me suis laissée enfermer des heures durant sans rechigner le moins du monde. Qui dois-je donc suivre ? La raison, avec ses airs de pimbêche est, bien évidemment, la voie qui me mènera à une vie calme et rangée ; une vie où je ne souffrirai pas... mais où le bonheur, le vrai, n'aura pas sa place. La passion, quant à elle, me promet un bonheur sans bornes, un contentement sans limites... ainsi qu'un malheur d'une envergure comparable au sentiment précédent. Dois-je me protéger de tout, ou m'exposer à tout ? Ce soir, le choix est bien difficile.
___Mesdemoiselles, messieurs, lecteurs : je vous ai menti. Je n'ai nullement tourné la page. Pour preuve, je n'ai même pas fait la moindre tentative pour me libérer de cette emprise. J'aurai eu l'impression de lui mentir, en cherchant à l'oublier. Alors j'ai préféré vous mentir à vous, me mentir à moi-même. La vérité devait éclater, et voilà chose faite. Pour la première fois de ma vie, j'assumerai donc ceci, je le crierai à vos yeux, je l'enverrai partout : Je l'aime. Et c'est ainsi. C'est plus fort que moi, je ne peux plus lutter face à ceci. Cette sensation est bien trop forte. Y apposer une quelconque opposition serait du pure fantasme ; comme s'il était possible d'être plus fort que nos sentiments, ah !
___Mesdemoiselles, messieurs, lecteurs : je vous ai menti. Et je ne vous demande aucun pardon.